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Ne pas brusquer les adieux

Depuis ce matin, j’ère dans la brume. Une sorte de spleen fugace mais tenace s’est installé autour de moi. Il ne vient pas de l’intérieur, mais il s’immisce dans mes pensées et m’empêche d’agir.

Ma première réaction a été de le nier. Je ne vais pas me laisser abattre, ça va aller. Qu’ai-je donc sur ma liste de choses à faire ? Mais j’ai beau insister, pas moyen de m’y mettre.

Quelques heures plus tard, ayant retrouvé mon moi conscient qui sait que rien n’arrive par hasard et que l’état du monde n’explique pas tout, j’allume mon ordinateur. Un message s’ouvre. Je suis, une fois de plus, non retenue pour un salon de l’imaginaire. Je m’y attendais, mais la nouvelle ne me réjouit pas.

Déterminée à découvrir le fin mot de l’histoire, je sors mon jeu OvoP. Calibré pour donner des réponses et identifier les obstacles, j’étale mes cartes. Première surprise, une majorité de « pouvoirs » et de « ressources », une seule « expérience » : cycle. Deuxième surprise, une carte « intuition » m’indique que je maîtrise la création et que je dois rendre à l’univers mes cartes « obstacle » ou « expérience ». Exit le cycle. Il me reste une carte à retourner. Vous avez bien travaillé.

Tout est là. Je n’ai rien à évacuer. Pas de traumatisme karmique ou de secret transgénérationnel à libérer. Juste un cycle à terminer. La justesse du tirage s’étale devant mes yeux. La candidature à ce salon représentait la dernière étape de ma réalité précédente. Une réalité qui m’a beaucoup appris, mais qui m’a demandé énormément d’efforts. L’effort de devenir autoéditrice de mes romans de science-fiction. Celui de tenter l’aventure des salons régionaux. Celui de repartir à la rencontre d’autres lecteurs et d’autres auteurs. Des récompenses aussi. Celle de retrouver des visages connus d’une ville à la suivante. Celle de l’entraide entre écrivains. Celle des discussions et des échanges.

Aujourd’hui, j’ai envie d’une autre réalité. Envie d’ouvrir mon présent. Celui d’une réalité où mes lecteurs me trouveront sans effort. Où un éditeur appréciera mon travail et m’invitera dans son équipe. Où je continuerai de faire ce que j’aime, mais d’une manière qui réjouira mon cœur avide d’échanges et de rencontres.

Mais avant d’entrer dans ce présent, je dois refermer le précédent. Regarder une dernière fois tout ce qu’il m’a apporté, pour ne rien oublier de chemin qui m’a menée jusqu’ici. Brûler les étapes ne sert à rien. Cela enterre seulement des émotions et des situations non digérées et qui resurgiront plus tard, au moment où je m’y attendrais le moins. L’espace qui s’étend autour de moi n’est pas vide, il est ouvert. Il me laisse la possibilité d’effectuer mes adieux à qui j’étais. À mes rêves de petite fille et à mes objectifs de femme. J’ai évolué. Le monde aussi. Il est temps de remettre à plat mes croyances afin d’accueillir mon nouveau présent.

Changer de réalité n’est pas compliqué. Il suffit de dresser un état des lieux sans concessions et de choisir une nouvelle destination. De reprendre le pouvoir sur ma vie et de laisser la joie émerger. De suivre la voie du cœur.

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