Aller au contenu

On est toujours seul devant la mort

La mort a toujours eu une place importante dans ma vie. Pas la présence menaçante de la grande Faucheuse, mais plutôt le souvenir d’une amie bienveillante. Au fil de mes lectures et de mes rencontres, j’ai découvert des manières différentes de vivre le deuil. J’ai pioché ici ou là des remarques ou des ambiances qui me correspondaient. Et aujourd’hui, j’ai envie de partager avec vous ma manière de voir les choses.

Si la mort ne m’effraie pas, c’est que je viens des étoiles. De planètes et de mondes où la vibration unique de chaque âme est plus importante que la densité d’une expérience.

Si la mort ne m’effraie pas, c’est que je sais qu’une place m’y attend. Un endroit à ma mesure, où je déposerai le souvenir de mes expériences, m’allégeant des émotions trop fortes qui se seront cristallisées dans mes cellules.

Si la mort ne m’effraie pas, c’est qu’elle ne représente pour moi qu’une étape supplémentaire dans ma vie d’âme. Je ne me réduis pas à mon corps physique, et je ne prendrai pas fin avec lui.

Si la mort ne m’effraie pas, c’est que la peur et la souffrance sont des mémoires bien plus vives. Je n’ai pas peur de mourir, mais j’ai peur de souffrir.

Si la mort ne m’effraie pas, c’est que la situation est toujours plus difficile pour ceux qui restent.

On est toujours seul devant la mort. La sienne comme celle des autres. Quel que soit le nombre de personnes qui nous entoure, on est toujours seul. Seul avec ses souvenirs, ses regrets et ses colères.

On est toujours seul devant la mort. Notre société repousse la mort à ses frontières. Elle ne s’y prépare pas, elle la pousse sous le tapis. Comment apprivoiser quelque chose qu’on ne connaît pas ?

On est toujours seul devant la mort. On a plusieurs mois pour se préparer à une naissance, et chacun s’y attelle avec joie. Mais, quel que soit le nombre d’années qui nous sépare de la mort, nous évitons d’y penser.

On est toujours seul devant la mort. Mutisme, pleurs, colère, soulagement parfois, chacun réagit à sa manière. Nous pouvons pleurer la même personne, nos pleurs n’auront pas la même saveur.

Le plus beau cadeau que nous pouvons faire à nos aînés et à tous ceux qui nous quitteront un jour, c’est de préparer leur départ avec autant de bienveillance que celle qui a accompagné leur arrivée.

Le plus beau cadeau que nous pouvons faire à l’humanité, c’est de laisser chaque vie suivre son cours comme la rivière va de la source à l’océan. Sans blâmer ni l’une ni l’autre. Apprivoisez la mort avec de petites attentions. Inspirez-vous du « dia de los muertos » mexicain. Choisissez un poème qui vous plaît. Observez votre expérience. Accueillez-la. Qu’est-ce qui vous fait peur ?

Le plus beau cadeau que nous pouvons nous faire, c’est de nous alléger. Cessez de porter le poids du deuil. Pleurez autant qu’il est nécessaire pour pardonner à ceux qui vous ont quitté et vous ont abandonné derrière eux. Pleurez encore pour libérer votre douleur.

On est toujours seul devant la mort, mais on peut être serein.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.