Accepter qui je suis, même les mauvais jours

accepter qui je suis, même les mauvais jours - Sandrine Walbeyss

En cours de mue vers ma nouvelle vie, il m’arrive d’avoir des moments difficiles. Des ratés où calimero est de retour, où la peur de l’avenir et le poids du passé m’empêchent de profiter du moment présent.

Trouver sa place, prendre sa place et s’accepter entièrement et profondément sont de magnifiques objectifs… mais parfois (souvent ?), j’aimerais être un peu moins moi-même. J’ai toujours (souvent ?) l’impression que c’est plus facile d’être quelqu’un d’autre. Quelqu’un qui soit plus à l’aise en société, quelqu’un qui ait de la répartie au moment de la conversation, et pas des heures après en revoyant le film de la soirée, quelqu’un qui rentre dans le cadre, avec un boulot reconnu par la société, quelques loisirs et des vacances à raconter.

Mais moi, je ne rentre pas dans le cadre. J’ai essayé, pendant longtemps. J’ai tout fait bien comme il faut, des études studieuses, un travail sérieux, des voyages pendant les vacances, et des loisirs tout à fait ordinaires (musique, danse…). J’avais du mal à y trouver ma place. Il était trop étroit par endroits, trop rigide à d’autres, et pas du tout adaptable. Pourtant, j’ai fait des efforts. J’ai passé des années à aller au travail la boule au ventre, à m’allonger dès que je pouvais pour tenir jusqu’à la fin de la journée. À l’époque, je n’avais pas compris que c’était le fait de vouloir rentrer dans le cadre qui posait problème. Toute l’énergie que je consacrais à m’enfermer dans un cadre allait à l’encontre de qui je suis.  

Peu à peu, j’ai commencé à dépasser du cadre. Légèrement, au début, de petites choses ici ou là, pas trop visibles. Juste un peu moins d’énergie dépensée à m’enfermer. Un peu d’air. Le problème, une fois qu’on a commencé, c’est qu’on ne peut pas faire demi-tour. J’ai essayé bien sûr. Un jour où la peur était plus pressante, un jour où je n’étais pas fière de moi, un jour où j’aurai pu mieux faire… Tous ces jours-là, j’ai fait demi-tour. J’ai baissé les bras, je me suis laissée tomber. Il y en a eu plus que je ne peux compter, et il en reste certainement quelques-uns à venir. L’apprentissage de l’amour de soi n’est pas une longue route paisible, en tout cas pour moi. Il y a des déviations, des erreurs d’itinéraire, des obstacles. Malgré tout, j’avance. Je progresse. Pas toujours aussi vite que je l’aurai voulu, mais j’avance.

J’ai cessé d’attendre qu’on me laisse une place et j’ai appris à prendre ma place.

J’ai cessé d’attendre que les autres m’entendent, et j’ai appris à dire ce que j’ai à exprimer.

J’ai cessé de supposer pour les autres, et je pose des questions sur ce qui m’étonne.

J’ai cessé de vouloir sauver le monde, et je m’occupe de moi, il y a déjà beaucoup à faire !

J’ai cessé de me sentir en trop, et j’apprends à apprécier ce que la vie m’offre.

J’ai cessé de croire que les autres étaient parfaits, et j’apprends à rire de mes imperfections.

J’ai toujours peur, et il m’arrive d’être triste, mais j’ai choisi de découvrir ce que l’univers me réserve.

J’ai choisi de sortir du cadre. Et vous ?

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