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Une contribution inattendue

SW Mon parcours d'écriture

Il y a quelques mois, j’ai été contactée par une plateforme dédiée aux auteurs. Malgré une première expérience avortée très tôt sur ce type de diffusion quelques années auparavant (cela nécessite une constance dans l’écriture qui m’est étrangère), je me laisse convaincre par mon interlocuteur de renouveler l’essai.

Prise dans l’élan de l’échange, je démarre sans tarder une nouvelle histoire, avec l’intention d’écrire d’avance quelques chapitres (un peu plus conséquents que d’habitude, mes lecteurs habituels sauront de quoi je parle…). À peine un chapitre et demi plus tard et un premier article publié sur la plateforme, je me rends compte que, décidément, ce format ne me correspond pas. Ni dans l’écriture, il m’arrive de ne rien écrire pendant des mois, ni dans la lecture, je déteste attendre la suite d’une histoire quand elle me plaît (j’ai dévoré les quatre tomes de « La passe-muraille » de Christelle Dabos en une semaine). Toujours efficace lorsque mon choix est arrêté, je jette tout, les fichiers informatiques et mes notes sur papier.

Prise par la correction de mon prochain roman, j’oublie complètement cette histoire.

Quelques semaines plus tard, la visite d’une amie est l’occasion d’une prise de conscience inconfortable. Peu amatrice de SFFF, elle n’a pas lu mon premier roman dans ce style, mais trouve, comme certains lecteurs, que je complique inutilement les noms de lieux ou personnages. Je tente de lui expliquer que ce n’est pas volontaire. Je rencontre mes personnages comme je croise les gens dans la rue. Ils ont chacun leur caractère et leur vibration, et les deux fois où j’ai modifié le nom d’un personnage, ils se sont presque effacés de l’histoire, comme si les débaptiser les avait empêchés de prendre leur place dans le roman. Pas du tout convaincue, elle m’assène que c’est à moi de voir si j’écris pour moi, auquel cas je ne peux pas me plaindre de ne pas rencontrer mon lectorat, ou si j’accepte de me mettre à la portée des gens en choisissant des noms plus abordables.

Toujours prompte à douter, surtout de moi-même, je m’interroge, mais l’évidence qui me traverse à ce moment-là me surprend. Cette critique des patronymes de mes romans me donne le sentiment d’être indésirable. J’ai l’impression de descendre d’un bus, avide de découvrir un nouveau pays, et de me trouver face à un comité d’accueil rébarbatif qui m’annonce que ce n’est pas moi qu’ils attendent. Nous nous quittons sur cette impression désagréable, et je prends quelques heures pour tenter de reprendre contenance.

Cet échange m’a bouleversé, et je ne sais plus si je dois continuer de partager mes histoires. Après tout, je pourrais remplir des cahiers que j’entasserais dans un coin, et cesser d’encombrer le monde avec mes patronymes à la con !

Mais l’envie de partager mes histoires est toujours là. J’avais déjà fait quelques ajustements mineurs dans certaines orthographes pour mon prochain roman, et une bonne nouvelle scelle l’affaire. La correctrice à qui j’avais transmis mon nouveau récit a aimé mon univers et elle accepte de travailler sur le manuscrit. Ouf. Cet épisode m’a remuée, mais j’en ressors plus forte, déterminée à prendre ma place maintenant que ce point est éclairci.

À nouveau, je continue d’avancer, et j’oublie ce passage.

À peine deux mois plus tard, une nuit d’insomnie, une évidence m’apparaît. Cette histoire d’emmener les lecteurs dans mon univers me titille, et je repense à ce bout de récit avorté. Il y était question d’un vaisseau qui quittait la Terre à destination de Mars. Un voyage au sens littéral vers mon univers, où Antoine, Annette et Kévin partent vers l’inconnu. Le lendemain matin, une inquiétude me saisit. J’avais tout jeté, faudra-t-il tout récrire ?

Prise d’une inspiration subite, je vérifie mon disque de sauvegarde. Un peu tête en l’air côté sauvegardes informatiques, il m’arrive de le faire tous les jours comme d’oublier pendant des semaines. Ouf ! Mon texte est là ! Soulagée, je me dis qu’il n’y a pas de hasard. J’ai vingt pages et l’envie d’aller voir plus loin. Le format s’impose. Je veux partager cette histoire le plus largement possible. Le blog m’y aidera, mais j’ai retenu la leçon, plus de diffusion par chapitre. Un joli pdf, bien soigné, téléchargeable par ceux qui en auront envie, avec la possibilité de commander un exemplaire en impression à la demande pour ceux qui, comme moi, aiment lire autrement que sur un écran.

Comme vous vous en doutez, nous arrivons à la fin de cette histoire. Il me reste à remercier, par ordre d’apparition, Simon, Géraldine et Audrey, ainsi que l’univers qui m’envoient des contributions inattendues, mais ô combien joyeuses au bout du compte !

Une dernière chose si le cœur vous en dit, le roman dont il est question dans cet article (G-14) est disponible ici pour le pdf et chez TheBookEdition.com pour la version imprimée.

Bonne lecture !

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7 commentaires sur “Une contribution inattendue”

      1. Pour ce qui est des noms exotiques ou compliqués, tu auras sans doute remarqué, que dans Les Mots d’Ays, presque tous les personnages ont des noms de lieux géographiques ou de villes sauf certains OutBàbs comme Avelino Pintoh ou la ténébreuse Barbara. Je me suis amusé ( c’est facile à faire en quelques clics sous Word ) à les remplacer par des noms plus communs. Cela ne change pas le fond de l’histoire . L’exotisme n’est pas le problème, c’est la lisibilité qui est en jeu ainsi que la proximité phonique, génératrice de confusion.

        1. Sandrine Walbeyss

          Merci Alain, non, je n’ai pas encore eu l’occasion de lire Les Mots d’Ays. C’est chouette que tu aies trouvé ta manière de faire. A bientôt !

  1. Super ! Je n’ai plus qu’à programmer ma chronique alors 😉 belle histoire de l’histoire en tout cas. Et pour te rassurer, l’utilisation de noms exotiques ou compliqués n’est pas gênant pour tout lecteur de SFFF qui se respecte. C’est même la norme 😉

    1. Sandrine Walbeyss

      Merci 😀 et hâte de lire ta chronique ! (En plus ce sera la première écrite sur un de mes livres)

      1. Eh bien, prépare-toi psychologiquement, car elle est programmée pour demain dans la journée 😉 La tension monte, non ? 😀

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