Le rêve de Nicolas – Ch 45

Le rêve de Nicolas, un roman de Sandrine Walbeyss

Copine de rue

Mon nom est Daphné, j’ai trente ans et je suis costumière.

J’adore mon métier. Quand j’étais môme, je voulais devenir petit rat de l’opéra, comme beaucoup de petites filles, mais j’étais trop petite, trop boulotte et surtout pas assez souple pour avoir une chance.

Au lieu de faire de la danse classique, je me suis mise au hip-hop, dans la rue, avec les copains. Ça a développé mon sens de l’observation et ma créativité. J’ai aussi graffé, sur les bâtiments à l’abandon. Mais j’ai été à bonne école, ne jamais placer un graphe plus laid que l’immeuble d’origine !

Ce que j’aime, c’est créer. La couleur, les textures, les matières. J’ai appris la couture avec ma mère qui confectionnait les vêtements de toute la famille. Pendant ma formation, j’ai eu la chance d’obtenir un stage à la MJC, pour réaliser les costumes d’une pièce de théâtre et c’est là que j’ai découvert ma voie. Le costumier, c’est le couturier de l’impossible et de l’illusion.

Dieu pour moi, c’est une copine de rue.

Il ne faut pas croire qu’Elle est enfermée dans les murs des églises ou des mosquées, pas du tout. Elle parcourt le monde. Elle vit avec nous. Elle nous observe. Elle nous sourit aussi.

Moi, je suis sûre qu’Elle aime mon travail, sinon pourquoi j’aurais eu autant de chance ?

Toutes ces belles rencontres, tous ces gens qui m’ont permis de réaliser mes rêves ?

Je sais qu’Elle nous écoute et que ça Lui fait plaisir qu’on pense à Elle. Pas parce qu’Elle a la grosse tête, mais parce que c’est agréable d’avoir des amis qui pensent à vous.

Des gens qui vous aiment. Et qui vous le disent.

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