Le rêve de Nicolas – Ch 38

Le rêve de Nicolas, un roman de Sandrine Walbeyss

Conversation amicale

Bonjour, je suis Ghislaine, coiffeuse. J’ai cinquante-deux ans.

C’est drôle que vous me parliez de Dieu, parce que dans mon salon c’est un sujet récurrent. Il faut que je vous dise que mon salon se trouve dans le quartier Saint-Jean-Baptiste et que la plupart des paroissiens viennent se faire coiffer chez moi.

Alors votre idée que Dieu est une femme, ça en ferait des histoires !

La nomination du nouveau curé a déjà été tout un poème. Figurez-vous qu’il arrive des îles. De la Réunion. Un curé noir, chez nous, c’est un évènement ! Ajoutez un bel accent créole et une bonne humeur contagieuse, je vous assure qu’il a dépoussiéré le poste !

D’ailleurs, c’est bien simple, avec les copines, on va à la messe maintenant ! Il a une manière de faire, vous savez, un peu comme ce philosophe, à la radio, celui qui fait de la philosophie appliquée au quotidien ? Et bien, le père Victorien c’est ça, pour la religion. Du coup, il y a des tas de choses intéressantes !

Ça vaudrait le coup que je lui en parle de votre idée. Les paroissiens, je les vois d’ici, avec leur air pincé dès qu’on émet l’idée d’un changement, mais lui, ce n’est pas pareil.

J’aimerais bien avoir son avis sur le sujet.

J’en ai parlé avec mes amies, Sophie, l’esthéticienne et Denise, la femme du médecin, mais on ne voit pas bien ce que ça change. Il y a des gens bien partout. Peut-être qu’il faudrait faire comme les poupées pour les enfants, un Dieu homme et un Dieu femme et chacun choisit celui qui lui plaît le plus ? C’est important d’être à l’aise pour parler à Dieu, vous ne croyez pas ?

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