Le rêve de Nicolas – Ch 29

Le rêve de Nicolas, un roman de Sandrine Walbeyss

Inspiration

Nicolas sentait Salomé papillonner autour de lui dans l’appartement. Il entendait le frottement de ses pas sur le sol. Le son d’une porte de placard refermée avec douceur pour en atténuer le claquement. Un bruit de papier. Elle passait lentement, essayant de ne pas troubler sa concentration. Il regarda sa montre. Déjà trente minutes qu’il planchait et pas une ligne. Elle s’approcha sur la pointe des pieds et l’embrassa. Elle avait mis son manteau. « Tu vas où ?

— Au ciné avec Lulu, on va voir le dernier Tarantino. Tu seras tranquille pour ta lettre. À tout à l’heure ! »

Écrire une lettre de motivation pour son dossier ne lui avait pourtant pas semblé insurmontable. Il en avait déjà rempli, et avec sa formation de commercial, ce serait quand même le comble s’il n’arrivait pas à se vendre ! Gloups. C’était peut-être justement ça le problème, il n’avait pas envie de se vendre pour cette formation. Il avait envie d’être accepté.

Il ferma les yeux. Ça avait pourtant bien commencé. L’offre de Lulu, inattendue et inespérée. Elle cherchait quelqu’un pour l’aider, mais n’avait pas les moyens d’embaucher. Une formation en alternance lui donnait la possibilité de développer son activité à moindre coût dans un premier temps. Il avait déjà une entreprise pour son alternance, il ne pouvait se louper au niveau du dossier.

Lorsqu’il rouvrit les yeux, son regard tomba sur King Kong. Il sourit. Le mini cactus que sa sœur lui avait offert pour son bac s’était métamorphosé en une énormité que Mathias avait baptisée King Kong. Une longue tige épineuse qu’il avait dû adosser à une échelle pour l’empêcher de se casser. Il fleurissait depuis quatre ans. Une rareté, d’après ce qu’il avait lu. Nicolas envisageait deux explications. Soit l’étiquette d’achat affichait des informations erronées, soit il avait vraiment des aptitudes pour pousser les plantes à donner le meilleur d’elles-mêmes.

Reprenant son stylo, il avait trouvé l’inspiration. Il savait pourquoi il voulait faire cette formation, et pourquoi ce n’était pas une option. Il commença à écrire, les mots se succédant sur sa feuille sans hésitation.

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