Le rêve de Nicolas – Ch 11

Le rêve de Nicolas, un roman de Sandrine Walbeyss

Dialogue intérieur

Le soleil était encore couché et Nicolas commençait à regretter de ne pas l’avoir imité. Il ne se rappelait pas par quel miracle Jean-Luc avait réussi à le convaincre de venir courir avec lui à une heure pareille. Pff, pff, pff, pff. Un pied devant l’autre, un pas à la fois. Comment suis-je arrivé dans cette galère ? Pff, pff, pff, pff. Inspire, expire. Je vais encore avoir une ampoule, fais chier, j’aurais pas dû mettre mes baskets neuves. Pff, pff, pff, pff. Détends-toi et profite de l’air frais. J’ai un point de côté. Pff, pff, pff, pff. Continue, tu vas pas lâcher maintenant. J’y arriverai jamais. Pff, pff, pff, pff. Un, deux, suis le rythme de JL, te laisse pas distancer. Facile à dire, c’est pas toi qui cours. Pff, pff, pff, pff. Allez, vous êtes presque à la moitié du parcours. Tu rigoles là ? La moitié ? Je vais mourir avant la fin.

« Ça va Nico ? » Pff, pff, pff, pff. Continue, c’est bien. Je suis sûr que j’ai une ampoule à chaque pied. « T’as vu, c’est un régal à cette heure, personne pour nous polluer, on est drôlement tranquille, hein ? » Pff, pff, pff, pff. « Nico ? Ça va ? » Pff, pff, pff, pff. Eh, Jean-Luc te parle. « Ta gueule ». Merde.

Le brusque arrêt de Jean-Luc et son air perplexe ne me laissaient aucun doute. J’avais parlé à voix haute. Re merde. « Désolé, pff, c’était pas, pff, pour toi. Pff.

— Ah oui ? Y’a quelqu’un d’autre dans le coin ? » Merde et re merde. Pff. En plus à cette heure-ci il n’avait pas encore branché son sens de l’humour. Pff. Et toi, pour une fois que tu pourrais rendre service, ben non y’a plus personne ? Fais chier. « Allez JL, fais pas la gueule. Je suis désolé. On le finit ce parcours ou quoi ? » Pff, pff, pff, pff.

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