Le jour où j’ai rêvé que Dieu est une femme – 37

LE JOUR OU J'AI REVE QUE DIEU EST UNE FEMME

Un roman de Sandrine WALBEYSS

Chapitre 37 – UN AUTRE POINT DE VUE

Je m’appelle Alice et j’ai vingt-cinq ans. Je suis chauffagiste.

Ça n’a pas été facile de me faire une place sur les chantiers. Les ouvriers sont encore peu habitués à la présence d’une femme, surtout parmi eux. C’est plus courant pour les architectes ou les clients.

Moi j’avais besoin d’être sur le terrain. De découper et souder des tuyaux. De monter des vannes et d’équilibrer des réseaux. J’ai commencé toute petite à la maison.

Ça a été une mini révolution, dans une famille où aller à l’université était un parcours tracé d’avance. Mon père est enseignant en faculté et ma mère médecin. J’ai un frère avocat et une sœur architecte. Alors quand le vilain petit canard a décidé de passer son CAP installateur thermique, ça a jeté un froid. J’ai dû batailler ferme pour les convaincre et promettre d’aller jusqu’au bac pro pour avoir gain de cause !

La lecture et les études, ce n’est pas mon truc. J’aime les travaux manuels. Bricolage, jardinage, construction, mécanique… rien ne me fait peur.

C’est grâce à Dieu que j’en suis là. Parce que mon CAP, c’était vraiment mal barré. Mes parents étaient arc boutés sur l’idée que je ferai une seconde générale, alors que pour moi les 4 ans du collège avaient déjà largement dépassé la limite de mon endurance aux apprentissages théoriques…

Le jour où j’ai rêvé d’Elle, je venais de me disputer une nouvelle fois avec mes parents et j’envisageais même une fugue…

– Bonjour Alice.

– Bonjour.

Dans mon rêve, nous étions en train de réparer une moto que je venais d’acheter. Une sportive. Un peu décrépie et maltraitée par son propriétaire précédent, mais que je remettrai en état d’ici peu. Dieu s’était mise à travailler avec moi, comme si nous avions toujours fait ça en équipe.

– Je ne savais pas que Vous étiez calée en mécanique.

Ma remarque la fit rire.

– Dans ton rêve, j’ai toutes les qualités que tu veux. Je ne suis qu’une part de toi.

– Ah. Je comprends mieux alors.

– Tu comprends quoi ?

– Pourquoi ma sœur rêve de bâtiments et de livres pendant que je rêve de mécanique et de chantiers.

– Les études c’est bien aussi.

– Ah non, Vous n’allez pas vous y mettre ! Il n’est pas question que j’aille en seconde générale.

– Qui te parle de seconde générale ?

– Vous venez de le faire !

– Pas du tout. Je n’ai parlé que d’études. Un CAP, c’est aussi une manière d’étudier. Un apprentissage plus pratique, sans aucun doute, mais qui reste néanmoins une forme d’études, tu ne crois pas ?

Surprise par sa remarque, je sentais une nouvelle compréhension s’installer en moi. Mes parents voulaient à tout prix que je fasse des études et un CAP c’était des études ? Voilà qui m’ouvrait de nouveaux horizons !

Elle me regarda avec douceur.

– Tu sais Alice, rien n’est plus beau et plus puissant que la volonté de notre âme. Chaque fois que tu auras du mal à trouver ton chemin ou à le construire, rappelle-toi que la manière dont on regarde les choses peut tout changer. Je ne L’ai jamais revue depuis, mais son conseil ne m’a jamais quittée…


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