Le jour où j’ai rêvé que Dieu est une femme – 28

Le jour où j’ai rêvé que Dieu est une femme – 28

Un roman de Sandrine WALBEYSS

Chapitre 28 – CONSCIENCE PROFESSIONNELLE

Bonjour ! Moi c’est Benoît. J’ai dix-neuf ans. Je suis gardien de parking le jour et livreur de pizza la nuit.

Deux boulots, ça occupe, mais pour vivre décemment ici, il faut bien ça, parce que le salaire n’est pas très élevé. Mes parents pourraient m’aider, mais ils n’ont pas aimé que je laisse tomber la fac pour faire des petits boulots.

Je n’avais pas le choix. La fac quand on ne sait pas ce qu’on veut faire et qu’on n’aime pas ce qu’on vous demande de faire, c’est l’enfer ! M’enfermer dans un boulot bien payé mais qui ne m’intéresse pas, non merci, très peu pour moi.

Ici au moins, je suis autonome. Le jour où j’aurais trouvé ma voie, je changerais. Mais pour l’instant ça va. Je rencontre du monde. J’observe. J’analyse.

On devient philosophe quand on circule en deux roues dans une grande ville… Moi je suis sûr que Dieu est derrière moi, parce que sinon j’aurais eu beaucoup plus de problèmes que ça. Quand je suis concentré, j’arrive à La voir, parfois.

Dans le reflet d’une vitrine ou dans un rétro. Elle ne m’a jamais parlé, mais il faut dire que je ne suis pas très bavard, donc je n’ai pas entamé la conversation non plus. Je ne sais pas trop ce qu’Elle pourrait me dire. Ma vie me va, en tout cas pour l’instant et personne ne peut savoir à ma place ce que je veux faire…

Mon avis sur le fait que Dieu est une femme ? Vous savez, moi, tant qu’Elle fait le job, ça ne me gêne pas. D’ailleurs c’est marrant que vous en parliez, parce que je ne sais pas trop quelles sont les compétences requises pour être Dieu ? Je vais peut-être y réfléchir un de ces jours…