Le jour où j’ai rêvé que Dieu est une femme – 17

Le jour où j’ai rêvé que Dieu est une femme – 17

Un roman de Sandrine WALBEYSS

Chapitre 17 – VOYAGE AU-DELÀ

Je m’appelle Séverine et je suis secrétaire, en arrêt maladie pour dépression. J’ai trente-cinq ans.

J’ai vu Dieu au bout du tunnel. Celui avec la lumière blanche.

Je n’ai pas pu y aller, car les médecins m’ont sauvée, selon leur expression. J’ai plutôt eu l’impression d’être condamnée. Condamnée à revenir dans cette vie que je ne supporte plus.

Ce n’était pas un accident. C’était un choix. Celui de tirer un trait définitif sur ce harcèlement moral pesant et indétectable, sur la solitude qui m’assaillait dans mon petit appartement, sur les médicaments qui m’abrutissaient.

Lorsque j’ai rouvert les yeux, j’ai tout de suite su que j’étais revenue en enfer. Les néons au-dessus des blouses blanches, l’odeur d’antiseptique et de désinfectant, les bips des appareils…

Pourtant cette fois, j’avais bien failli y arriver.

Car je L’ai vue. Clairement.

Elle m’attendait.

Ne me dites pas que c’était ma mère, ma tante ou la cousine de mon boucher, parce que je sais ce que j’ai vu.

C’est la seule certitude que j’ai dans cette vie. Le seul espoir qui me reste. Il y a quelqu’un, quelque part, au-delà de tout ça. Au-delà de la souffrance. Au-delà du désespoir.

Une terre d’accueil.

Sans jugement et sans punition.

Je l’ai vu dans ses yeux.

Clairs, bienveillants, doux.

Nulle réprimande pour avoir choisi de partir avant la fin de la représentation.

Nulle promesse d’un avenir radieux.

Juste des bras ouverts.

Pour moi.

Juste pour moi, à cet instant.

Je sentais déjà leur chaleur et leur douceur. Cette aura d’amour m’enveloppait tranquillement tandis que j’avançais vers Elle. Je n’étais pas pressée, puisque le temps n’avait plus de prise sur moi. A cet instant, le temps était infini, suspendu, étiré à chacun de mes pas.