Le jour où j’ai rêvé que Dieu est une femme – 08

Le jour où j’ai rêvé que Dieu est une femme – 08

Un roman de Sandrine WALBEYSS

Chapitre 8 – SURPRISE !

Je suis Diane et j’ai trente-sept ans. Je suis employée dans une agence de voyage et je profite des bons plans pour partir faire la fête avec les copains dès que je peux.

La seule fois que j’ai vu Dieu, j’avais un peu fumé. Pas que du tabac, si vous voyez ce que je veux dire, et les jus de fruits étaient un peu alcoolisés. Je dois vous préciser que nous étions dans une villa en Corse et qu’aucun d’entre nous ne prenait le volant, il y a des limites à notre inconscience.

Ce jour-là, on célébrait l’anniversaire de Frédéric, le benjamin du groupe. Il venait d’avoir trente ans et on a bien arrosé ça ! Nous étions tous autour de la piscine ou dedans, le soir tombait, il faisait beau et chaud. Tout allait bien jusqu’à ce que je commence à avoir des nausées.

Je ne voyais pas ce qui avait pu causer ça. Je n’avais mangé que des chips et du saucisson, rien qui risquait d’être avarié… J’étais rentrée pour vomir dans la salle de bains, mais elle était déjà occupée. Je me suis réorientée vers la cuisine où j’ai pu vomir entre les piles d’assiettes à laver…

Quand je me suis redressée, cette femme me regardait. Elle me tendait une serviette pour m’essuyer le visage, ce qui n’était pas un luxe, puisque je venais de m’asperger copieusement pour essayer d’enlever le goût de bile…

Elle ne faisait pas partie du groupe, je l’aurais remarquée.

– Qui êtes-vous ?

– Qui vous voulez. Vous ne devriez pas vous mettre dans cet état.

Le ton de sa voix ne jugeait pas, c’était plutôt un rappel amical.

– Qu’est-ce que ça peut vous faire ?

Malgré moi, ma réponse avait été un peu agressive. De quoi se mêlait-elle ? A mon âge, je n’ai plus de compte à rendre à personne, ni d’ailleurs de personne à qui rendre des comptes depuis la mort de mes parents.

– Je sais ce que je fais.

– Ah. Pardon. Je ne pensais pas que vomir était devenu à la mode en soirée.

Flûte. Elle marquait un point là.

– Je suis désolée. Excusez-moi.

Je marmonnais des excuses presque intelligibles et me tournais pour partir, mais sans que je sache comment, elle était à nouveau devant moi.

– Vous devriez faire attention.

Elle me cherchait ou quoi ?

– Je n’ai besoin de personne pour prendre soin de moi.

– Peut être pas, non. Mais…

Elle me regarda un instant et parut se raviser.

– Rappelez-vous que ce n’était pas les chips qui étaient avariées…

Sans que j’aie le temps de répondre, elle était partie et mon fiancé, Kader, arrivait. Il me prit le bras, doucement, en me demandant si j’allais bien.

Au moment où je sentais une nouvelle nausée arriver, des chiffres commençait à se mettre en place dans ma tête… Six mois de vie en couple avec Kader, quatre, cinq, six… NON ! Sept semaines depuis mes dernières règles… et si tout ça n’avait rien à voir avec l’alcool ou la nourriture, mais juste avec une histoire à construire et un être dont j’étais censée prendre soin ? Je sentais les larmes couler…

Kader me tenait les épaules, inquiet, pas rebuté semblait-il par le tableau peu ragoutant que je devais offrir… Peut-être que c’était le bon moment pour fonder une famille après tout…