Le dernier Bakou – 96

Le dernier Bakou – 96

Il écumait de rage.

Voir le Château, SON château ainsi mis en pièces par les uhnytiens décuplait son envie de meurtre. Ah ils le prenaient comme ça ? Les habitants insignifiants de ce monde minuscule ! Vous n’auriez pas dû vous frotter à moi ! Vous croyez avoir gagné une partie, mais vous n’avez aucune idée du jeu qui est en cours. Vos vies ne sont que des miettes de temps dont je n’ai que faire.

Oser dire la prière du feu en incendiant la perle de ses projets ! Quelle humiliation ! Il ne tolèrerait pas un autre échec. Des années de recherche mises à mal. Il se secoua. Peu importe. Je n’ai nul besoin de cela pour mener à bien mes plans. Chaque coup que je porte les affaiblit. Je dois frapper plus fort.

Vous ne savez pas à qui vous avez affaire. Je suis le meilleur joueur de l’univers. Ne croyez pas qu’Uhnythais soit ma première partie. J’ai déjà écumé plus de planètes que vous n’en avez vues. Je les essore, je les vide, je les pressure. Je récupère tout ce qui est disponible, et parfois plus.

Vous voulez jouer ?

Installez-vous. Confortablement car cela ne durera pas. Comptez vos pions, il ne vous en restera bientôt plus un. Ouvrez les yeux et prenez une leçon de Mirtapi. Je contrôle le temps et l’espace. Le monde m’obéit. Ma toile s’étend sur tous les continents. Rien ne m’est inconnu.

Tirez une carte. N’importe laquelle. Rappelez-vous que vous pensez avoir le choix. Mais vous vivez dans mon théâtre et j’ai sélectionné la pièce. Mes illusions sont parfaites et vous ne voyez pas les limites du plateau. Continuez de jouer, petits êtres d’Uhnythais. Jouez tant que la musique cache les cris. Jouez tant que le décor masque les peurs. Jouez, encore et encore, jusqu’à en mourir. Mais avant de passer de l’autre côté, n’oubliez pas de laisser votre place aux suivants !

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