Le dernier Bakou – 92

Le dernier Bakou – 92

Zissil venait d’arriver sur le site. Il avait découvert le plateau dénudé. Du travail d’amateur. Pas étonnant que ses services aient été requis. En l’état actuel, il faudrait des mois avant de pouvoir exploiter les ressources souterraines. Il avait été surpris de constater que le plateau de Singhit n’avait jamais été excavé. Malgré les dizaines d’études qui confirmaient les richesses du sous-sol en minerais stratégiques et de haute technologie, aucune mine n’avait encore vu le jour. Grâce à lui, cette aberration serait bientôt réparée.

Son commanditaire n’avait pas traîné. Tout le matériel nécessaire était prêt à être monté. Des caisses numérotées par équipement et usage. Il n’avait plus qu’à donner ses instructions. Il apercevait les Balibabs au centre du plateau. Une bonne dizaine à vue d’œil. Le client avait ajouté trente pour cent à ses honoraires habituels compte tenu de la difficulté supplémentaire. Mais Zissil avait un atout spécial pour cette mission. Une alliée de dernière minute. Il avait eu l’occasion de travailler pour elle auparavant. Dure en affaire, elle ne reculait devant rien pour obtenir ce qu’elle désirait. Elle savait comment abattre les Balibabs et ne lui demandait que le bois de deux d’entre eux. Il avait accepté sans discuter. Elle arriverait après les trois jours de mise en place qu’il avait planifiés. Malgré leur accord, il n’avait aucune envie de passer plus de temps que nécessaire avec elle. Chossalinn Dhossal lui fichait la trouille. Il espérait que ses promesses étaient fondées et que les Balibabs seraient bientôt empilés avec le reste du bois. Défricher le plateau n’était que la première partie du travail, celle qu’il aimait le moins. Ce qu’il préférait c’était creuser. Analyser le terrain, programmer le forage, suivre la progression. Être le premier à découvrir les merveilles du sous-sol. Se dire que le minerai qu’il tenait dans sa main finirait dans les laboratoires de pointe de Dakyrie ou de Kapranie. Participer à l’évolution technologique du monde les deux pieds dans la boue. Zissil gardait les pieds sur terre. Pas question de se brûler les ailes en voulant monter plus haut. Il savait où était sa place et il s’y trouvait bien.

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