Le dernier Bakou – 87

Le dernier Bakou – 87

Myrtaol avait fini par revenir dans la chambre de Kirbann. Il avait tardé, mais il n’était pas venu les mains vides. Il portait le sac avec lequel il avait quitté Egarto, et il n’était pas seul.

Kirbann regardait d’un air surpris la compagnie qui s’avançait. Outre l’ondin qu’il commençait à connaître, une boule de poil hirsute s’était installée au pied de son lit. Elle était suivie par un géant rouge tatoué, un militaire râblé au crâne rasé, un homme sec comme un olivier, et un être dont la peau grise semblait parsemée de paillettes brillantes. C’est lui qui prit la parole.

« Bonjour. Vous devez vous demander qui nous sommes et pourquoi nous sommes ici. Je n’ai pas le temps de faire les présentations et je n’ai pas la moindre idée de qui vous êtes, ou de pourquoi vous devez venir avec nous. Mais je sais que votre présence est d’une importance capitale et que sans vous notre voyage à Singhit est voué à l’échec. » Il se tut, attendant visiblement une réponse. Kirbann les dévisageait sans comprendre. Il se tourna vers Myrtaol qui haussa les épaules en lui tendant son sac. Kirbann le récupéra d’une main, n’osant détacher ses yeux du groupe immobile. Il fut surpris d’entendre une autre voix.

« Vous prendre livre et venir avec nous. Vous retrouver confiance des Balibabs. Ils devoir quitter Singhit. Vous venir. Maintenant ! » Le petit être qui parlait le regardait avec intensité. « Vous tous mêmes ! Pas temps expliquer ! Kirbann Laory seul pouvoir aider Balibabs marcher. Vous venir ! »

« Je… d’accord. » Kirbann ne voyait pas comment refuser une invitation aussi précise, même s’il ne savait pas comment faire ce qu’on lui demandait. « Mais je ne peux pas me déplacer seul. Je suis désolé.

— Ce n’est pas un problème. » Le géant rouge avait traversé la pièce pour le soulever. Kirbann serra son sac un peu plus fort. De près, les tatouages étaient encore plus impressionnants. Ils bougeaient. Lentement, des volutes se dessinaient sur le cou. Elles étaient plus claires que lorsqu’il était entré. Peut-être un bon signe ? « Accrochez-vous, ce ne sera pas long. »

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