Le dernier Bakou – 44

Le dernier Bakou – 44

Le départ d’Albert en compagnie de Bob et Rashta avait surpris tout le monde.

Taki avait fini par demander. « Et maintenant, que fait-on ? »

Mahira regardait Azyolh. Ils n’étaient plus que quatre et l’urgence présente quand Bob s’était effondré puis avec le récit d’Albert semblait avoir disparu avec eux.

Azyolh savait ce qui l’attendait. « Pour ma part je retourne voir Tiribath. Albert doit s’occuper de Bob, et je le suppléerai ici. Mais vous pouvez rentrer à Ahrmonnhyah, nous pourrons toujours vous appeler en cas de besoin. »

Mahira observait ses fils. Taki était prêt à partir. Il connaissait peu Bob et n’était venu que pour prêter main-forte à son frère. Pour Alitt, elle en était moins sûre. Les mots du géant confirmèrent son intuition. « Moi aussi je reste. Je peux aider Azyolh à veiller sur Tiribath, et j’aimerais être là quand Bob reviendra. C’est mon ami. 

— Très bien. Je rentre sur l’Anneau Sourcylien avec Taki. Vous savez où nous trouver. » Les deux dieux quittèrent la pièce qui sembla retrouver une taille normale.

Avisant le livre que Rashta avait laissé près du lit, Alitt demanda. « Pensez-vous que je pourrai l’emprunter ? Les derniers jours ont été mouvementés, et je ne refuserai pas quelques précisions sur ce qui se passe.

— Bien entendu. » Azyolh appréciait le calme de cet enfant-dieu. Il était souvent étonné de voir la différence de caractères entre frères et sœurs, et les enfants de Mahira ne faisaient pas exception. « Prends-le avec toi. Tiribath est en convalescence et demande moins de soins. »

Ils sortirent de la chambre puis traversèrent la maison. Le chemin de la caverne démarrait à l’arrière. L’installation du Balibab avait modifié l’ambiance de la pièce. Sa froideur minérale s’était tempérée au contact de l’arbre, et l’ouverture vers le ciel ajoutait la chaleur des rayons solaires. Azyolh sourit. La transformation du bureau ressemblait étonnamment au retour d’Albert. Un exil glacial et isolé se réveillait, entouré d’amis et de fraternité. L’incertitude des prochains jours se révélait tout à coup un peu plus supportable.

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