Le dernier Bakou – 38

Le dernier Bakou – 38

Épuisé par son effort, Bob serait retombé inanimé sur le sol si Alitt ne l’avait pas soutenu. Le géant l’avait porté jusqu’à sa chambre, suivi par Rashta faute de savoir quoi faire d’autre.

Leur ami était replongé dans un sommeil profond, dont rien ne semblait pouvoir le tirer. Rashta repensa soudain au livre que Nysmok avait donné. Il l’avait oublié dans un coin, trop préoccupé par l’état de Bob puis par leur arrivée à Piros pour s’en soucier. Il fouilla dans ses affaires pour le retrouver et le déposa sur ses genoux. En plein jour, il semblait encore plus fragile. Le titre sur la couverture était un peu fané. Rashta l’ouvrit à la première page et esquissa un sourire. Le conte des sept lunes, ou comment les Bakous créèrent le monde. Voilà qui ne l’avançait pas beaucoup. Avant qu’il ait le temps d’en apprendre plus, Mahira vint les chercher.

« Albert s’apprête à parler. Vous devriez venir. » Elle coupa leurs arguments d’un geste de la main. « Bob ne bougera pas d’ici. La seule chose dont il a besoin est du repos. Mais si cela peut vous rassurer, je lui trouverai un gardien qui nous préviendra si nécessaire. »

Rashta découvrit alors à côté de sa mère un petit animal ébouriffé, pas plus grand qu’un chat. Il avait des yeux disproportionnés et sa fourrure d’une couleur indéfinie variait du blanc au gris. Des reflets bleus réfléchissaient les rayons lumineux.

« Qui est-ce ? » Alitt avait posé la question mais Mahira haussa les épaules, aussi interloquée que ses fils.

« Je être gardien des Bakous. Je attendre que Bakou se révéler. Maintenant je veiller sur Bakou, vous partir d’ici. » L’animal n’avait pas bougé d’un poil. Même pour des enfants-dieux habitués à la magie d’Uhnythais, la vision avait de quoi surprendre. Sentant leur réticence, il ajouta « Pour l’instant il n’avoir pas besoin de vous. Je garder lui. Vous écouter ce que Albert dire à vous. » Rashta n’hésita qu’un instant. Tout lui dictait de faire confiance à ce drôle d’animal. En compagnie d’Alitt, il suivit Mahira sans plus discuter.

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